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L’éradication de la polio à l’épreuve des faits

Claire
Magone

Directrice de la communication de Médecins Sans Frontières, basée à Paris

Après des études de communication (CELSA) et de sciences politiques (La Sorbonne), Claire Magone a travaillé plusieurs années avec des associations humanitaires, notamment en Afrique au Libéria, en Sierra Leone, au Soudan ainsi qu'au Nigéria. En 2010, elle devient directrice d’études au Crash, puis directrice de la communication de MSF en 2014.

La campagne d'éradication de la polio a permis en 25 ans une diminution spectaculaire du nombre de cas de poliomyélite dans le monde. Mais les difficultés actuelles rencontrées par le Programme - foyers de résistance sociale dans plusieurs pays, réinfection de certains pays, épidémies associées à des souches de poliovirus dérivés du vaccin - interrogent la validité de l'une des hypothèses se trouvant au fondement même de la campagne d'éradication : l'adhésion totale et entière d'une population à une mesure de santé publique, quels qu'en soient les bienfaits.

Afin de surmonter certaines des difficultés évoquées ci-dessus, la tendance actuelle est d'adopter des mesures de plus en plus coercitives afin de protéger les équipes de vaccination ou d'obliger les populations à se faire vacciner, par exemple au Pakistan et au Nigeria. Ce phénomène interroge sur le bien fondé d'une stratégie d'éradication à tout prix.

Cette table ronde publique a été organisée par MSF le 22 octobre 2013, avec Dr Rashid Jooma, de l'université d'Aga Khan au Pakistan, Elisha Renne, professeur au département d'anthropologie et d'études africaines et afro-américaines, université du Michigan, et Johannes Everts, expert technique à l'OMS et Dr Hamid Jafari, directeur du programme d'éradication de la polio pour l'OMS.