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Migrants / réfugiés

Date de publication
Elba
Rahmouni

Chargée de diffusion et de développement digital au CRASH depuis avril 2018, Elba est diplômée d’un master recherche en histoire de la philosophie classique et d’un master professionnel en conseil éditorial et gestion des connaissances numériques. Lors de ses études, elle a travaillé sur des questions de philosophie morale et s’est intéressée notamment à la nécessité pratique et à l’interdiction morale, juridique et politique du mensonge chez Kant.  

Idomeni after the closing of the border

La Convention de Genève du 28 juillet 1951 stipule que : « le terme de réfugié s'applique à toute personne craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ". Si tous les réfugiés sont des migrants, tous les migrants ne sont pas des réfugiés. Selon la définition de l’ONU, un migrant est une personne née dans un pays et qui vit dans un autre pays pour une durée supérieure à un an, quelles qu’en soient les raisons. Un réfugié est une personne forcée de quitter son pays à cause d’une crise politique majeure : guerre, violences ethniques, etc. Il est d’abord demandeur d’asile et peut obtenir ensuite le statut de réfugié.L'application pratique de cette définition ou, en d’autres termes, la réponse à la question « qui est réfugié et non simplement migrant ? » a considérablement évolué depuis son adoption. Avec la fin de la guerre froide, les réfugiés ont perdu leur statut d'instrument du soft power occidental, tandis qu'avec la crise économique puis le terrorisme, l'hostilité aux migrants va croissant. Les représentations dominantes des mouvements migratoires amènent une partie croissante de la population européenne à considérer le migrant comme une menace et le réfugié comme un fardeau.

Les travaux du CRASH, s’appuient sur les sciences sociales et l’expérience de Médecins Sans Frontières. Ce dossier regroupe plusieurs publications (articles, tribunes, articles de blog, parutions presse, cahier du CRASH), de 1990 à aujourd’hui, qui recouvrent les deux grands objets d’étude suivants : Ne sont pas inclus dans ce dossier les articles traitants plus spécifiquement des réfugiés dans leur rapport aux différents conflits armés qu’ainsi à l’intervention, ou non intervention, de MSF dans ces différents contextes.La dichotomie entre politique d’hospitalité et politique migratoire. Droit d’asile, respect de la dignité humaine, respect du droit, devoir d’hospitalité, solidarité, accueil, etc., autant de notions qui se confrontent aux politiques migratoires de la plupart des États. Dans les textes de ce dossier, les membres du CRASH remettent en cause l’apparente clarté de la distinction entre migrants économiques et réfugiés fuyant la guerre, ainsi que l’idée selon laquelle l’aide qui leur est accordée aurait comme effet pervers d’augmenter le nombre des migrants (pull factor). Enfin, ils ne cessent de rappeler les violences, parfois policières, qui sont au cœur du quotidien des migrants. Par ailleurs, bien qu’ils partagent les critiques à l’encontre de l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie (mars 2016), les membres du CRASH critiquent le refus de MSF de solliciter des fonds européens.

L’objet camp sous plusieurs angles.
1° Sa temporalité : accueil pérenne ou mise à l’abri ? Si le camp est souvent conçu comme une structure d’hébergement d’urgence, sa pérennisation devient courante.
2° Son fonctionnement : mise en sécurité vs liberté ? Au sein de ce régime d’exception que sont les camps, l’encadrement des autorités laisse-t-il une place à l’expression de la liberté des personnes dans les camps ?
3° Ses limites : vers une politique de « désencampement » ? Les camps, qui ne concernent désormais qu'un tiers des réfugiés dans le monde,  dérivent parfois vers des camps de rétention ou de travail. Une réflexion est menée pour trouver des alternatives aux camps.
 

Les articles du dossiers
Bourbon Argos: Search and Rescue Operations October 2016
Tribune

La raison humanitaire n’est pas la raison politique

Les associations humanitaires venant au secours des migrants en Méditerranée sont priées de les regarder se noyer, ou bien de les remettre à des trafiquants et tortionnaires. On ne compte plus les déclarations politiques, sondages, éditoriaux manifestant le durcissement général vis-à-vis des migrants africains et faisant des ONG de secours les complices objectifs des « passeurs». Ceux-ci organiseraient, a-t-on entendu, le départ des candidats à la migration en fonction de la présence des navires de secours, faisant des humanitaires les relais plus ou moins conscients d’une entreprise criminelle.

Lifejackets are distributed to 129 people in a rubber boat by an MSF rib in international waters off the north coast of Libya, on June 8, 2017.
Tribune

Les ONG ne sont pas les complices des passeurs

Des organisations humanitaires de secours en mer se retrouvent qualifiées de complice des trafiquants. Une accusation aussi absurde qu’inacceptable. Non seulement les opérations de secours en mer sauvent des personnes de la noyade, mais elles œuvrent à leur évacuation en situation de danger immédiat en Libye, rappelle MSF.

Le camp de La Linière, à Grande Synthe, en Juillet 2016
Article

Mise à l’abri, hospitalité ou accueil des réfugiés : les ambiguïtés irrésolues du camp de La Linière

Suite au démantèlement du camp du Basroch, à Grande-Synthe, et à l’installation des réfugiés sur le nouveau camp de La Linière, au printemps 2016, Michaël Neuman et Franck Esnée ont souhaité revenir sur l'expérience de La Linière et sur l’objet « camp », sa nature et sa gestion. Cet article a été publié dans Alternatives Humanitaires, numéro 5 (juillet 2017).

Jeune homme derrière les grilles d'un camp de détention en Grèce
Article de blog

Débat interne à MSF face à la politique migratoire de l’UE

Trois mois après l'accord UE-Turquie sur les migrants, l'ONG Médecins sans frontières a décidé, le 17 juin, de renoncer à tout financement de l'Union européenne et de ses États membres pour dénoncer leur politique migratoire « honteuse ». 

Une femme porte un enfant dans le camp de Grande Synthe
Article de blog

MSF à Grande-Synthe : enseignements d’une improbable coalition d’acteurs

Cet article a été publié dans la revue Alternatives Humanitaires. Angélique Muller et Michaël Neuman opèrent un retour d'expérience sur l'action menée par Médecins Sans Frontières dans le cadre d'un projet d'assistance aux migrants dans la ville de Grande-Synthe.